À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, il est essentiel de rappeler une réalité structurante du secteur social : il est aujourd’hui très largement porté par des femmes.

Selon des données récentes, près de 86 % des effectifs des professions sociales sont des femmes [1]. Cette surreprésentation féminine s’inscrit dans une histoire longue. Les métiers du social se sont construits autour de fonctions associées au soin, à l’accompagnement et à l’aide, des rôles historiquement assignés aux femmes dans la sphère domestique avant d’être progressivement institutionnalisés dans le champ professionnel.

Une féminisation qui s’étend à l’encadrement

Cette dynamique ne concerne pas uniquement les postes d’intervention. Elle touche également les fonctions d’encadrement intermédiaire. Une étude consacrée à la place des femmes dans le travail social souligne que près de 60 % des postes de cheffes de service sont occupés par des femmes [2].

Cette évolution traduit une progression dans l’accès aux responsabilités managériales. Elle témoigne aussi d’une professionnalisation accrue et d’une reconnaissance des compétences féminines dans l’organisation des établissements et services sociaux et médico-sociaux.

Des inégalités qui persistent aux plus hauts niveaux

Pour autant, cette féminisation massive ne signifie pas que l’égalité professionnelle soit pleinement atteinte. Les analyses sectorielles montrent que les femmes restent sous-représentées dans les fonctions de direction générale et aux plus hauts niveaux de responsabilité [3].

Autrement dit, plus on monte dans la hiérarchie, plus la proportion de femmes tend à diminuer. Cette situation interroge les mécanismes d’accès aux postes stratégiques, les trajectoires professionnelles et les représentations sociales associées à l’autorité et au pouvoir.

La place des hommes : un enjeu de mixité et d’égalité

Dans ce contexte, la question de la place des hommes dans les métiers du social est également centrale. Si le secteur est fortement féminisé, la mixité demeure un enjeu structurant.

La présence d’hommes dans ces professions contribue :

  • à favoriser la mixité des équipes,
  • à déconstruire les stéréotypes de genre associant le travail social exclusivement au féminin,
  • et à promouvoir une véritable égalité professionnelle [4].

Comme le souligne la littérature sur le sujet, penser l’égalité ne consiste pas seulement à soutenir les parcours féminins, mais aussi à interroger les assignations sociales qui orientent différemment les femmes et les hommes vers certains métiers.

Un secteur d’engagement, au-delà du genre

Le travail social n’est pas une affaire de femmes ou d’hommes. C’est un secteur d’engagement, de compétences et de responsabilité.

Chaque année, le CFA du Social forme des professionnelles et des professionnels investis dans l’accompagnement des publics et la cohésion sociale. Nous croyons en un secteur inclusif, mixte et équitable, où les parcours sont valorisés indépendamment du genre.

En ce 8 mars, nous réaffirmons notre attachement :
✨ à l’égalité des chances,
✨ à la valorisation des parcours féminins,
✨ à la mixité dans l’ensemble des métiers du social.

Parce que l’engagement, la compétence et la responsabilité n’ont pas de genre.

 

Sources :

[1] Melchiori, L. (2025). Professions sociales : 86 % des effectifs sont des femmes. Santé Mentale.
[2] Bayer, V. (2023). Le travail social : toujours une affaire de femmes ? Focus sur l’encadrement. Champ social.
[3] ASH. Le travail social n’est pas qu’une affaire de femmes.
[4] Rousseil, M. (2007). Femmes et hommes dans le secteur social. Empan.